Récit d’une écrivaine

Il est médecin mais aussi soumis… Cela n’a rien d’incompatible, beaucoup de soumis sont des personnes qui ont des postes à responsabilités dans leur vie quotidienne. Ils ont besoin par moments de se laisser aller, de ne plus rien décider, de remettre leur vie entre les mains d’une « dominante« qui leur dira ce qu’ils doivent faire, comment se comporter, leur imposera des actes, des tenues, des positions, des punitions.

Celui çi, appelons le jean, avait rencontré une Dominatrice sur le net. Ils avaient dialogué à plusieurs reprises et ils devaient se rencontrer ce soir là., dans son cabinet médical. Il avait tout préparé selon les directives qu’elle lui avait données. Maintenant il l’attendait, à genoux, nu derrière la porte d’entrée, depuis plusieurs minutes qui lui paraissaient des heures. Ce n’était pas sa première expérience dans ce domaine, mais il avait l’impression que celle çi serait particulière, il ne savait pas pourquoi. Durant ses dialogues avec cette femme il l’avait sentie différente, la domination pour elle n’était pas que des châtiments, des humiliations, des insultes. Elle prônait la Gynarchie, mais dans le respect mutuel, un minimum de sentiments, le soumis ne devant pas n’être qu’un objet même s’il devait s’offrir et faire tout pour le plaisir, le bonheur de sa Maîtresse.

Il lui avait raconté avoir commis ce qu’il considération comme une faute grave, sans la lui révéler, et il attendait une punition qui le laverait de ses remords. Et ce soir, il allait subir cette punition, il ignorait en quoi elle consisterait, et il attendait .. peut-être pourrait-il ensuite construire une relation « BDSM« sur la durée avec cette Femme. La sonnette de la porte retentit, 3 fois comme convenu, il déclenche l’ouverture et la porte s’ouvre lentement, il réalise qu’il ne lui a même pas demandé comment elle était, ce n’était pas cela l’important pour lui. Elle lui apparaît. Pas très grande semble-t-il, mais vue d’en bas elle le paraît, brune, plutôt forte, les talons de ses bottes claquent sur le carrelage quand elle s’approche de lui, il baisse les yeux sous son regard, tout en lui tendant une rose blanche, symbole de sa soumission. :

  • – Bonsoir Madame, je suis à vous, tel que vous l’avez exigé, faites de moi ce que vous souhaitez.
  • – Bonsoir jean, je vois en effet que tu as respecté mes ordres, nous allons voir si le reste de mes conditions le sont aussi.

Elle sort du grand sac qu’elle porte un collier de cuir qu’elle lui passe autour du cou, une laisse y est fixée.

  • – Maintenant tu me guides vers ta salle d’examen ! à quatre pattes .. tu n’auras le droit de te relever que lorsque tu auras subis la punition que tu estimes avoir méritée, et recouvré ainsi le droit à mon respect.
  • – Bien Madame.

Tirant sur sa laisse il la guide vers une porte dans le fond de l’entrée, elle ouvre et jette un coup d’œil circulaire sur la pièce. Ses desiderata ont été suivi a la lettre : la table d’examen se trouve au centre de la pièce, le tour libéré de tout ce qui aurait pu la gêner. Sur une petite table à l’écart sont posés un fouet court et une cravache.

  • – installe toi sur la table à plat ventre !
  • – tout de suite Madame ..

Lorsqu’il est allongé, elle sort des bracelets de cuir qu’elle fixe à ses poignets et ses chevilles, puis des cordes avec lesquelles elle attache les membres aux pieds de la table, en passe une autour de la taille qui passe sous la table, l’immobilisant totalement. Elle lui pose un masque sur les yeux, et un bâillon.

  • – voilà qui t’évitera d’ameuter les voisins pendant ta punition, bien que je suppose que cette salle est insonorisée.

Il ne peut que grogner une affirmation inaudible.

  • – je te laisse un instant, j’ai aperçu un distributeur d’eau dans la salle d’attente, je vais me désaltérer avant de m’occuper de toi.

Elle sort de la pièce en fermant la porte, va s’asseoir dans la salle d’attente, et feuillette un magazine, le laissant à ses inquiétudes, la solitude est bonne pour faire monter le stress..

Une dizaine de minutes plus tard, elle revient vers son « patient », elle lui caresse doucement le dos, les fesses, les cuisses, glisse sa main entre les cuisses tendues et durcies par la tension, et constate que le sexe est un peu érigé. La situation n’est pas pour déplaire à jean dirait-on !

  • – tout va bien à ce que je vois ! tu es prêt ?

Le borborygme qui lui répond ressemble à un acquiescement, elle le prend en tout cas comme tel, et se dirige vers la table, hésite un instant puis se saisit du fouet, le fait claquer. Elle voit les muscles du dos de jean se tendrent., elle fait glisser la lanière sur toute la surface du corps de la nuque aux pieds, lentement, la peau frémit sous le cuir, léger comme une aile de papillon pour le moment. Soudain, sans prévenir, le fouet s’abat en diagonale sur les épaules, il pousse un gémissement, plus de surprise que de douleur probablement. Les coups se succèdent, réguliers, parallèles, 10 d’abord. Puis elle passe de l’autre côté de la table et en assène 10 autres toujours sur le dos, mais dans l’autre sens, les lignes se recoupent et aux points de croisement perle parfois une goutte de sang. Le supplicié halète, gémit, le corps se tord dans ses liens. Elle s’arrête enfin, et admire son œuvre, satisfaite.

  • – alors, que pense tu du début de ta punition ?
  • – ah oui c’est vrai tu ne peux pas me répondre, mais je suppose que tu apprécies ?

Un vague grognement encore, c’est bien tout ce qu’il peut proférer, alors qu’elle ressort du cabinet et retourne dans la salle d’attente, boire un verre d’eau fraîche. C’est pratique ces distributeurs … pense-t-elle. Ce soumis semble endurant, il a bien réagi à ses coups de fouet ! il lui plait et elle aimerait instaurer avec lui une réelle relation D/s. L’avenir le dira.

Elle revient tranquillement, le bruit de ses pas fait tendre l’oreille de jean qui se demande ce qu’elle lui réserve encore. Les coups ont été durs, mais il a aimé et attend la suite avec une certaine impatience, mêlée de crainte. Le trouvera-t-elle assez résistant à son goût ?

Cette fois c’est la cravache qu’elle prend, elle lui tapote les fesses avec l’extrémité, c’est une belle cravache de cuir, très souple et lourde à la fois. Lorsqu’elle s’abat sur une fesse, la trace est immédiatement rouge sombre, les traits là aussi se succèdent dans un sens puis dans l’autre, créant un quadrillage, presque un damier. Les gémissements ont changé de registre, ils semblent indiquer plus le plaisir que la douleur. Lorsqu’elle passe sa main sous le ventre de Jean le sexe est en effet en totale érection, elle lui fait une légère caresse, puis reprenant la cravache elle lui en applique 10 coups rapides sur chaque cuisse, parallèles, lorsqu’elle s’arrête, essoufflée et le bras raide, le soupir de jean est un soupir de jouissance, tout son corps s’est raidit, puis retombe épuisé.

Elle le regarde, un léger sourire sur les lèvres, un vrai masochiste celui là. Il lui plait de plus en plus. Sa main glisse sur les cheveux, effleure les blessures, puis elle dépose un rapide baiser sur la nuque qui frémit sous la douceur de cette bouche. Elle lui enlève bâillon et bandeau. Jean reprend lentement ses esprits, il était parti bien loin.. dans ce pays merveilleux où souffrance et plaisir se mêlent en un inexplicable bonheur. Il redescend sur terre, lève un regard embrumé sur sa « tortionnaire » qui pose sur lui des yeux qui reflètent une douceur qu’ils n’avaient pas à son arrivée. Elle achève de le débarrasser de ses liens, il descend, tremblant, de la table et lui dit : ‘je crois que maintenant je peux rester debout devant Vous !’

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